Terrains vagues, Carla Lucarelli

 

Les mises en scène de la vie de tous les jours, de personnages à première

vue insignifiants, dévoilent des scénarios et des états d’âmes d’une extra-ordinaire violence et un maniement merveilleux de l’art de la tension dramatique et de la chute. « Le Prix du silence » a d'ailleurs obtenu le 3e prix au Concours de littérature luxembourgeois.

 

Au fil de ces microfictions, la poétesse, comédienne et enseignante Carla Lucarelli fait désormais connaître son talent de narratrice. On aurait tort de se fier au ton parfois léger de ces petites histoires qui semblent récoltées au creux du quotidien ou des pages « faits divers ». 

 

Vingt-deux récits qu’elle a d’abord présentés comme « accouplements » : un premier mot pour mettre le lecteur sur la piste, pour évoquer la volonté de réconciliation qui parcourt tout le recueil, la quête d’une identité qui s’accomplit par le biais d’un autre. Cet autre que j’aime, ou plus, l’autre moi, l’autre irrémédiablement autre, l’autre défaillant ou énigmatique, enfant ou parent, social ou intime. 

On explore avec la narratrice les étranges ressorts de la personnalité, les motifs obscurs qui nous meuvent, les déséquilibres encore inexpliqués ou les situations à jamais inextricables. Son style sobre restitue les sentiments sans artifices, comme pour se défaire des déguisements, de ce qui encombre, comme pour dire avec certains personnages : « Les choses sont ce qu’elles sont, c’est comme ça. » 

 

Pourtant, la narration travaille à colmater la temporalité brisée, à reconstituer l’identité disloquée, à élucider l’impensé. L’espace de l’écriture, plutôt que le lieu de la renonciation, est celui de l’éclosion, au sein même de la brutalité de la vie, d’une lucidité sereine.

 

Les microfictions, qu’elles se suivent ou s’opposent, correspondent ; elles inventent et dissimulent une mystérieuse géographie…  L’espace urbain, à la fois le décor et le spectateur silencieux des drames qui se jouent, nous a servi de canevas pour suggérer une réflexion sur le genre du recueil. Dans la réalisation du livre, son dispositif est mis en lumière par l’établis-sement d’un plan typographique, chaque microfiction y prenant place en avenue ou jardin, en ruelle ou fleuve, et peu à peu l’espace cartographié prend les traits d’un visage humain, acquiert

et livre une identité.

Terrains vagues • Carla Lucarelli

29.00€Prix
  • Carla Lucarelli est née à Luxembourg en 1968.A écrit plusieurs pièces de théâtre dont l’une a été mise en scèneà Saarbrücken et une autre a fait l’objet d’une mise en espacelors de la Foire du théâtre 2011 au Centre National de littérature à Mersch.A en outre pratiqué le théâtre en tant que metteur en scèneet comédienne. A également travaillé comme comédienne pourla télévision luxembourgeoise.A publié des textes dans des revues en ligne telles Mouvances, À la Dérive, ou Des Rails et a participé à des lectures publiques de poésie. Cinq de ses textes ont été publiés dans l’anthologie La Poésie érotique féminine française contemporaine, parue en 2011 aux éditions Hermann à Paris.En 2011, elle obtient une mention spéciale du jury au Concours national de littérature luxembourgeois pour son recueil en langue allemande Lyrikfetzen mit Hund und Dame. Son recueil de poésie française Aquatiques paraît en 2012. En 2013, elle obtient le troisième prix au Concours national de littérature luxembourgeois pour "Le Prix du silence" (Terrains vagues, éditions les Venterniers, 2013). En 2014, elle publie le roman Carapaces chez Phi.

    • collection : "la Source & la Suite"
    • genre : microfictions
    • date de parution : février 2013
    • nombre de pages : 160 p.
    • format : 15 x 15 cm
    • isbn 979 10 92752 02 1
    • prix de vente : 29 euros

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